31 août 2008
Saveurs, Senteurs et bonheur
Une fois n'est pas coutume, je ne parlerai pas de cuisine mais plutôt de ce qui l'accompagne à chaque instant : les vins.
Et si je veux vous en parler, c'est parce que je viens de passer un week-end exceptionnel avec des gens exceptionnels en plein cœur d'un pays viticole trop peu connu alors qu'il est une merveilleuse richesse de notre patrimoine. Ce pays, c'est le Frontonnais ! ... Je vois déjà des regards plein d'interrogations... C'est où ça?.... Vous localisez Toulouse? Et bien vous parcourez une vingtaine de kilomètres vers le Nord et vous y êtes :

Vous comprenez maintenant ce que veut dire "tiré au cordeau"?...
Il y a 3 ans, déjà, j'ai fait la connaissance de la famille Vignolles lors d'un salon parisien où elle faisait la promotion de ces vins. Vignolles. Quel nom prédestiné. Le père est viticulteur et fortement impliqué dans la vie et le développement des vins de Fronton. Le fils est œnologue et vous explique intelligemment comment déguster, savourer, apprécier mais aussi cultiver, récolter, vinifier, ... - je passe le fait que ce même fils est juste a-do-rable et ... BÔ comme un cœur ce qui ne gâche rien au plaisir de goûter des vins en sa compagnie ;-).

Mmmmmh, moi je dis que si tous les oenologues ressemblaient à celui-là,
toutes les femmes seraient très initiées à l'art de la dégustation ;-)
Devenue très amie avec ce petit monde, je descends dans cette belle région régulièrement et, tout particulièrement le 3ième week-end d'Août où se déroule "Saveurs & Senteurs", fête du cru où sont élus les meilleurs vins de cette appellation (meilleur rouge, meilleur rosé, coup de coeur, etc.). C'est une merveilleuse occasion de découvrir de bonnes bouteilles et de discuter avec les viticulteurs. Et puis avec mon guide particulier qui m'explique tout, c'est juste passionnant. Un vrai bonheur.
Exemple : Comment reconnaître la négrette en visitant les vignes?....

A gauche un cépage traditionnel à la feuille très découpée
A droite la négrette qui a une feuille nettement plus "lisse", plus ronde
et derrière, comme un velour particulièrement doux.
Sauf que cette année, je suis venue avec un défi! En effet, j'ai en tête mon saumon-réglisse-citron et mon magret-framboise-réglisse et je veux trouver les vins qui viendront accompagner ces plats. Leur énoncé laisse "mon" oenologue particulier perplexe. Mais en même temps, il trouve ces saveurs bien adaptées à la situation car, m'explique-t-il, le réglisse est une des caractéristiques aromatiques de la Négrette... Ah tiens, encore des regards plein de questions... Vous ne connaissez pas la Négrette? Bon, vous connaissez Cabernet, Sauvignon, Syrha, ... Ce sont des cépages. Et bien la Négrette, c'est aussi un cépage. Sauf que ce cépage, attention, il demande des conditions climatiques si particulières et des soins si particuliers qu'il ne pousse qu'à Fronton. Ne cherchez pas ailleurs, ni ailleurs en France, ni ailleurs dans un autre pays : vous n'en trouverez pas. La Negrette, c'est une enfant du pays Frontonnais qui n'aime pas les voyages et qui n'a jamais tenté de grandir ailleurs. Ses Papas et ses Mamans sont ici, et ils y restent, fièrement et amoureusement.
"Mon" oenologue me propose de couper le week-end en trois. D'abord, nous goûterons les rouges. Il sait que j'ai un peu de mal avec cette "couleur" et me mène directement aux maisons les plus intéressantes.... Moi, j'ai en tête celui que nous avons goûté la veille au dîner. Le Haut-capitole de la Cave de Fronton... Nous en goûtons un premier puis un autre. Puis un autre... Puis un autre... Non, rien à faire, c'est le Haut-Capitole qui restera mon préféré... Quoique le Haute Expression de la même Cave de Fronton, il me plaît bien aussi. "Mon" oenologue rigole "Stef, tu n'y connais rien en vin(*) mais tu n'aimes que les meilleurs!". C'est déjà un bon début.
Après cette dégustation de rouges, nous passons aux rosés. Ah là, déjà, je m'y retrouve un peu mieux. Mon référent, c'est Inès, vin rosé élu meilleur rosé au monde et issu de ... la Cave de Fronton... Mais je suis bonne joueuse et accepte d'aller goûter les autres. D'autant qu'Inès est hors concours alors allons voir un peu ce que donnent les médaillés de l'année... Eyh, pas mal ce petit Rosé des Anges de la maison Château Baudare. Il a bien mérité ses médailles ce vigneron. Son Rosé des Anges et son Rosé 2007, médaille d'or des vins du Sud-Ouest 2008 me séduisent... Fort de cette trouvaille, nous retournons au stand de la Cave de Fronton. Un petit verre d'Inès pour fêter ça.... Ah bah non, rien à faire, Inès est nettement meilleur... C'est Inès qui je ramènerai à la maison.... Et en plus, cerise sur le gâteau, Inès sera parfait pour mon saumon-citron-réglisse.
Mais c'est que nous n'avons pas terminé. D'une part, je n'ai rien pour mon magret-framboise-réglisse (MFR), et nous n'avons pas testé les blancs. Comme nous sommes toujours à la Cave de Fronton, je (re)goutte le Haut-Capitole blanc. Ok, ça, c'est bon. Inutile d'aller chercher midi à quatorze heures, ce sera celui-là. Mais comme "mon" oenologue me connaît bien, il me propose de terminer notre voyage par les blancs moelleux. Nous savons bien que ça n'ira pas avec mes deux plats mais puisque nous sommes là, offrons-nous ce plaisir. Il sait queje ne vais pas résister. Il faut savoir que j'ai grandi au pays du Layon et que je suis ultra formatée au Bonnezeau. J'aime aussi +++ le Jurançon et suis un peu plus pointilleuse sur cette catégorie. De nouveau, nous allons du côté du Château Baudare. Effectivement, je me souviens que le Secret des Anges m'avait déjà séduite lors de mes précédentes venues. Séduite je le suis encore. Mais je ne craque pas et résiste à la tentation d'en mettre quelques bouteilles dans le coffre. Puis nous allons saluer un autre vigneron qui a aussi eu son lot de médailles. Château Viguerie de Beulaygue. Oui, ok, nous goûtons son moelleux mais à ce moment de l'histoire, mes papilles saturent et j'accepte par pure politesse... Mais quand ce nectar entre en contact avec mes papilles, c'est le choc. "Mon" oenologue sait que quelque chose est en train de se passer. Il sourit. Il m'a bien eue... Oh là là, ces arômes. Pfiouuuuu.... je suis en train de déguster une tarte aux abricots pour laquelle les abricots, gorgés de soleil, viennent d'être cueillis, la crème pâtissière est à la vanille Bourbon et, là aussi, la gousse vient juste d'être cueillie. Les oeufs de la crème sont ceux de la ferme. La farine de la pâte est bio et le beurre est juste finement demi-sel comme j'aime. Et cette tarte, je la savoure à l'ombre d'un mimosa en fleurs, tout jaune, tout doré. Je suis allongée dans l'herbe et écoute le vent dans les branches de mon mimosa. Tiens, c'est amusant, l'abricot aurait friquoté avec une pêche et le pâtissier a fait tomber quelques amandes grillées dans sa tarte..... Vous m'en mettrez 2 bouteilles - je suis ultra raisonnable. Et là, Monsieur Viguerie re-remplit mon verre avec un autre moelleux. Le même mais.... Oh, oh mon Dieu. Ce sont des abeilles qui ont cueilli les abricots et la gousse de vanille. Et la ruche entière a manipulé le rouleau à pâtisserie pour étaler la pâte de ma tarte. Des abeilles qui sont allées se former chez Pierre Hermé et qui ont renversé un peu de leur miel dans la crème pâtissière. Mais où suis-je là????..... Il s'appelle Couleur d'automne année 2007. Il est vieilli en fût d'acacias. Il est un assemblage de Sauvignon, Sémillon et Muscadelle et ça, croyez-moi, ça vaut le coup d'appeler le domaine pour s'en faire livrer quelques caisses histoire de finir l'été sous une divine note ensoleillée... Je repars avec 2 bouteilles de chaque...
Et bien "mon" oenologue, quelle dégustation. Mille mercis.... sauf que je n'ai toujours pas le vin qui accompagnera mon MFR... Tant pis.... "Attends, nous allons retourner à la Cave de Fronton et on va demander à Jean"... Ok, si tu le dis... Bonjour Jean ..... Ouille, il faut voir sa tête à Jean quand on lui parle du MFR. Décidément, ce n'est pas gagné... D'abord, retour aux basiques. Nous goûtons l'Effrontée. Eyh, mais ce n'est pas mal en fait. Nous n'y avions pas pensé à celui-là - un peu le vilain petit canard ... qui se transforme en cygne pour les vrais amateurs. Puis Jean propose d'en essayer un dernier... Ah bah c'est ça ! Bingo! Voilà! Mais pourquoi nous n'avons pas commencé par ça?... Euh.... Bon, ce n'est pas grave. C'est quoi celui-là? ... Et c'est ainsi que le Pont de l'Horm 2007 sera le vin conseillé pour accompagner mon MFR. Et, surtout, 2007. Pas 2006. Car la Négrette perd ses arômes de réglisse avec le temps, et si on goûte le 2006 - nous joignons le geste à la parole - effectivement, on se rend compte que ça ne fonctionne plus. La part de Fer Servadou (autre cépage ô combien élitiste) de cet assemblage prend plus le dessus et rompt la magie. Autrement dit, si vous cuisinez mon MFR en 2009, vous l'accompagnerez de Pont de l'Horm 2008 ;-).
Ouf, nous avons bien travaillé - je précise que tout ceci s'est déroulé sur 48 heures et que j'ai traversé cette merveilleuse dégustation sans souci et prenant même la route le dimanche soir car, cette année, j'ai appris à ... cracher avec classe. Comme les vrais dégustateurs ;-)
Je vous propose une synthèse ..........
A RETENIR AVANT TOUT : Résolution de la rentrée : je découvre les vins du Frontonnais et apprends tout sur la Négrette pour impressionner lors des dîners mondains de l'automne prochain
A DECOUVRIR POUR ...
les amateurs de rouges : le pont de l'Horm et le Haute expression de la cave de Fronton, avec une petite dégustation de l'Effrontée au passage ; Mais aussi Chateau Viguerie de Beulaygue vieillu en fût de chêne (celui de gauche)
les amateurs de blanc : le Sauvignon blanc de Chateau BAUDARE... et le Secret des Anges aussi chez BAUDARE
les amateurs de rosés : L'inévitable, Inès de la cave de Fronton
A S'OFFRIR POUR un vrai moment de bonheur qu'il faut se préparer, se fignoler, se savourer à l'avance rien qu'à l'idée : Couleur d'Automne du même chateau Viguerie (cf photo précédente...)
Et encore pour prolonger le plaisir, quelques photos de ce que fut notre divin repas à la bonne franquette et en toute simplicité du dimanche midi.

Salade de tomates du jardin, au basilic du jardin, assaisonnée d'huile ensoleillée du soleil de l'Espagne et de copeaux d'un vieux parmesan délicieux
Côtes d'agneau et saucisses ultra savoureuses et moelleuses
Et duo de tartes aux mûres sauvages
Et enfin, un petit coucou à la confrérie des vrais connaisseurs et promoteurs des vins merveilleux du Frontonnais
(*) oui, il a raison. Je n'y connais rien en vin. Oh bien sûr, je sais un peu goûter et dire si c'est de la piquette ou si ça ira avec le plat que j'ai préparé. Mais je suis incapable de reconnaître un vin, et je n'ai pas, en "mémoire palatine", suffisamment de références pour proposer les vins qui accompagneront idéalement les plats. J'ai conscience de ce défaut, si tant est que ça en soit un, alors je me suis entourée des meilleurs. Ici, Arnaud, qui est mon guide spirituel, et à Paris, Jérôme de la Grande Cave - rue Poncelet - qui me connaît, qui connaît ma cuisine et qui choisit toujours ce qui est le plus adapté.
MERCI ARNAUD
MERCI la famille Vignolles qui sait ce que le mot accueil veut dire
MERCI les Frontonnais pour tout ce magnifique travail
23 août 2008
A tout problème sa solution, à tout problème son Carta Fata
Décidément, c'est à se demander comment on faisait sans...
Il y a quelques jours, je me suis attaquée à la "maquetisation" de l'entremet "Dolce Vita" qui sera proposé lors d'un atelier du Salon "Cuisinez" - celui que j'animerai aux côtés de Claude. L'entremet reseemblera à quelque chose comme ça :

Plutôt sympathique n'est-ce pas?
En gros, un biscuit à la poudre de pralines roses, une chantilly, rose, des framboises, et, en déco, une tuile en glucose... C'est là où ça pêche... C'est très jolie cette tuile mais ce n'est franchement pas bon. Ca n'a pas de goût, si ce n'est celui des clusters que vous allez y ajouter, et ça colle aux dents de façon ignoble. Enfin bref, moi, je n'aime pas. Alors j'ai ressorti ma recette de gaufrettes au pralin pour faire des tuiles à la poudre de caramel auxquelles j'ai ajouté des éclats de pralines roses. Là, ça jète et c'est ultra bon.

C'est bô, c'est bueno et c'est à la portée de tous
La difficulté de cette tuile - c'est la tuile ;-) - c'est qu'il faut attendre quelques secondes pour qu'elle refroidisse un peu avant de pouvoir la décoller de votre toile de cuisson pour la poser sur votre rouleau à pâtisserie mais si vous attendez trop, elle est déjà trop froide donc "inmoulable". Et si vous en faites 4 à la fois, ça devient impossible car le temps de faire la première que les 3 autres sont déjà trop froides. Bref, c'est l'enfer et inimaginable sur un salon..... Flûte..... C'est pourtant bigrement joli..... Reflûte.... C'est vraiment ça que je veux pour mon entremet Dolce Vita...... Comment faire pour facilement décoller mes tuiles et les mouler..... Petit moment de cogitation et là, l'ampoule s'allume : c'est "mon" Carta Fata" qui va me sauver ! Il est souple donc prend la forme du rouleau à pâtisserie. Il supporte la chaleur donc celle du four et des tuiles. Il va me permettre de faire en série autant de tuiles que je voudrais. Et en effet, ça marche impeccable :

Step 1 : Parsemer de la poudre de caramel aux noisettes sur une bande de Carta Fata.
Moi, je prends un cercle pour être certaine de faire des ronds réguliers et de même taille.
Je fais 4 tuiles sur une bande de C.F. de la longueur de mon rouleau à pâtisserie
(éventuellement parsemer d'éclats de pralines roses).
Step 2 : Enfourner pour 6/7 minutes à 200°C environ, juste le temps de faire
fondre la poudre et que les tuiles se forment.

Step 3 : Soulever le Carta Fata pour le poser sur le rouleau à pâtisserie.
Notez que le rouleau est posé sur des strings pour éviter qu'il ne roule.
Et là, il n'y a plus qu'à attendre que la tuile durcisse pour la décoller sans effort. C'est top. Ca marche extrêmement bien. Et c'est tellement facile que je pourrais ouvrir une fabrique à tuiles ;-). Trop contente d'avoir trouvé cette technique, je me suis mise à faire des tuiles de toutes les formes car ma bande de C.F. garnie de tuiles, je peux la poser où je veux pour donner toutes les formes que je veux à mes tuiles - là, ce n'est plus la tuile du tout !!!!

Par exemple, tuiles en angle droit en posant ma bande de C.F. sur le carton d'emballage du même C.F.
Allez, j'arrête là. Vous avez compris. Et si il y a quelque chose qui vous a échappé, alors rendez-vous au salon "Cuisinez". Tout le procédé sera dévoilé sous vos yeux émerveillés.
PS : pour ceux qui ne le savent pas encore, le papier Carta Fata est commercialisé par la société Sens Gourmet et j'en ai pas mal parlé les posts précédents.
21 août 2008
Un p'tit nouveau !
Tiens, je ne le connaissais pas celui-là :
www.ffcuisineamateur.org
Encore un me direz-vous? Oui, mais celui-là, c'est le premier qui ...
- se finit par un .org
- propose des choses amusantes et concrètes avant même de disposer d'une trop belle interface tape à l'oeil
- liste de façon plutôt complète les ateliers de cuisine
- annonce les prochaines émissions culinaires télé (depuis le temps que j'attendais ça)
- and so on
Bref, je l'adopte ! Et ce projet de championnat de France de cuisiniers amateurs, je trouve ça top! Bravo !
20 août 2008
Petit canard et saveurs d'enfance
Il y a quelques temps, je vous ai proposé une recette de pavé de saumon à la Blumenthal - en toute modestie - c'est-à-dire dans une association saumon-réglisse. J'ai aussi réalisé une recette de lotte au réglisse et ça fonctionne bien. Très bien même. Surtout bien refroidie et infusée toute la nuit - en fait, à chaud, à la sortie du four, les cobayes et moi-même avons trouvé ça assez moyen mais comme on ne jette rien, on l'a mis de côté et on l'a ressortie le lendemain pour le déjeuner. Et là, grande surprise. C'était top. A ce moment-là, j'ai compris que l'association entre "ma" pâte de réglisse, des saveurs acides et une chair forte en goût était un trio gagnant. D'où l'idée de travailler réglisse, canard et framboise. J'ai un peu réfléchi avant de mettre la poêle à chauffer. J'ai pris mon temps. J'ai même passé quelques nuits à rêver de ce projet culinaire - si si, c'est vrai. Et, ainsi, la première fois a été la bonne :
Magret de canard, mon joli canard, au réglisse de mon enfance (*)
Pour 2 personnes
Préparation : 10 minutes
Cuisson : 15 minutes ; Poêle puis un peu au four
- 1 magret de canard qui sera grossièrement dégraissé puis coupé en deux (dans la longueur, c'est plus joli - truc que j'ai piqué à l'Orée)
- 1/2 oignon ou une petite échalote
- 16 framboises (10 pour la sauce et 6 pour la décoration)
- 1 peu d'eau
- 4 cl de vinaigre de framboise
- 1 càc rase de pâte de réglisse (sens gourmet)
- 1 càs rase de jus de canard en poudre (ou fond de volaille ou bouillon de poule)
Ensuite, le process est extrêmement classique :
Marquer les magrets en cuisson dans une poêle bien chaude (et surtout pas d'anti adhésif sinon pas de sucs donc pas de bonne sauce !).
Décanter. Finir leur cuisson au four - on va dire, .... 5 minutes à 180°C. Moi,je l'aime rosé.
Déglacer avec le vinaigre de framboise et l'oignon ciselé. Laisser réduire (ça va vite).
Ajouter de l'eau, les 10 framboises. Bien mélanger. Délayer la poudre de jus de canard et la pâte de réglisse. Laisser réduire si besoin.
Juste au moment de servir, émincer le magret et l'arranger dans l'assiette. Garder au chaud.
Mettre les 6 dernières framboises dans la sauce et mélanger pour les réchauffer - les autres framboises ont disparu ; elles ont fondu dans la sauce. Napper le magret de la sauce et déguster illico presto en accompagnant d'un délicieux petit pain - sinon vous lècherez l'assiette, ce n'est pas grave.
.... Oui, je sais, il n'y a pas de photo et j'en suis désolée... Mais il y a des moments où le temps de prendre la photo engendre un refroidissement du plat qui n'est pas tolérable et là, cette recette-là; je m'y étais tellement préparée que je n'ai pas pu la déguster froide. Je la referai...
(*) parce que j'en ai sucé des batons de réglisse, piqués dicrètement à la pharmacie de ma marraine...
17 août 2008
Se souvenir des belles choses... de l'Orée
... Titre en hommage à un film que j'affectionne particulièrement...
Le temps passe. Il file trop vite. Surtout quand on se sent bien là où on est, dans ce qu'on fait, et entouré de gens formidables qu'il est difficile de quitter... C'est ce que je ressens aujourd'hui à l'Orée. Dernier jour. Il faut s'en aller.
Claude "Je ne te laisse pas partir..."
Damien "T'as pas l'droit de t'en aller."
Bacari "Ca y est? C'est fini? Tu reviendras?"
Germain "Quand est-ce qu'on te revoit"...
... mais c'est qu'ils vont me rendre amère comme une fève de cacao croquée juste à la sortie de sa cosse. Et puis je vais revenir. Nous allons même faire une grande fête lors de mon prochain passage puisque que ce sera pour l'inauguration de l'Orée, le 25 septembre. Et d'ici là, nous avons de bien jolis souvenirs à nous mettre sous la dent car
l'Orée c'est beau comme ...

L'allée qui mène à l'hôtel ...
et que je serai triste de parcourir en direction de Paris

Le parc paysagé...
que je me régalais de redécouvrir tous les matins en ouvrant les rideaux

Une belle table, bien dressée ...

La transmission du savoir...










Une assiette qui se dresse sous vos yeux...
Et toute une équipe formidable, nature et accueillante









et aussi,
Nabia,
Matthieu 2,
Bertrand,
Germain,
Bernard,
Philippe
et j'en oublie
et je m'en excuse.
Mille mercis à Tous et à bientôt :-)
14 août 2008
Blog tour pour Blog-Trotter...
Depuis que je fréquente les blogs, je me pose des questions sur ceux qui se cachent derrière. Qui sont Minouchka, Miamourdises ou encore Gamelle, Assiettes de Chef ou Doriann? Qui sont ces autres fous furieux de la cuisine-passion qui y consacrent autant de temps et d'énergie? Comment sont leurs cuisines? Qui goûtent leurs créations?... Bref, j'avais très envie de les rencontrer. Alors j'ai décidé de commencer un Blog tour. Autrement dit, ... je vais aller les voir !
Pour la première étape de cette drôle de Grande Boucle, je quitte Paris. Mais pas trop. Direction Maule, dans le 78, où je vais profiter de la cuisine de Dorian - que je connais déjà un petit peu car ici et là... Dorian et Marie m'attendent pour mitonner tout l'après-midi, sauf que moi, pour une fois, je ne mitonne pas, je joue les blog-reporters... ou Blog-Trotter... appareil photo en main et milliards de questions en tête. Et pour cette première, je ne viens pas les mains vides. J'apporte les super ultra moelleux de Paprika, en version ginger, et ... Claude ! J'aime mélanger le sucré et le salé. J'aime manger une association terre-mer. J'aime composer une assiette en froid et chaud... J'aime mettre dans la même cuisine un Chef de restaurant et un amateur éclairé. Il en ressort toujours des échanges de saveurs et de bons mots délicieux.
Début d'après-midi. Arrivée chez Dorian et Marie. La table est déjà mise et le cuisine préchauffe.

Ici, c'est sur la table de la salle à manger que le Chef travaille.
Un peu plus de place ... et moins isolé du reste de la maisonnée...

Un tiroir qui déborde d'ustensiles de cuisine... plutôt à l'ancienne....
et le superbe fourneau qui a son histoire...
Dorian me propose de commencer par tester un livre. Plus concrètement, l'opération consiste à prendre une recette dans un ouvrage culinaire et à suivre les instructions à la lettre. Au final, nous comparerons avec l'image que propose ce livre. Dans un deuxième temps, nous reprendrons cette recette pour la travailler à notre façon. Voilà un programme qui me semble intéressant. Tu es d'accord Claude ?

Le Chef est d'accord. Que dis-je : LES Chefs sont d'accord !
Dorian exécute, scrupuleusement, la recette sous les yeux attentifs de Claude qui y va de ses petits conseils que nous buvons tous comme un fin nectar... Oignon émincé. Des dés de tomates. Du lait de coco. Et ça se finit par des gambas juste pochées dans la sauce... Mmmmh, il y a vraiment réellement moyen de faire mieux...
Claude se tient loin du chaud... Se contient... Se contortionne... se contente de regarder ...
et finit par se disjoncter un fusible...
Ok, Claude, tu as gagné. Pour la V2 du Sambal de crevettes, tu prends la main. Allez Chef, à toi de jouer.

Ceci dit, Dorian te prête sa cuisine alors, en retour, tu lui offres un cours.
Et c'est ainsi que Marie et Dorian ont regardé et écouté attentivement tout ce que faisait/disais le Chef. Un wok? Oui, on a ça dans la cave. Ok, oui, on le déballe...Du saké? Ah oui, on a ça aussi... Déglacer, ok... Marquer en cuisson, d'accord... Chinoiser? Il est où le Chinois????.... Réduire... Décanter... Cette séance se déroule à 200 à l'heure et à peine le temps de faire quelques clichés, voilà mes 2 chefs prêts à poser devant leurs œuvres.
Moi, je n'en peux plus avec toutes ces odeurs exotiques qui enflamment mes papilles. Je m'attrape une paire de baguettes chinoises - non, c'est faux, je mange avec une fourchette... Ai jamais pu, les baguettes - et m'apprête à la plonger dans l'assiette quand j'entends un cri venu du très-profond "STOOOOOOOOPP!!!!!!". Je suis figée. Immobilisée. Je n'ose pas bouger si ce n'est les yeux pour remarquer le regard de Marie qui brandit son arme : "Il faut faire la photo" !... Hiiiiii, je l'avais oubliée. La photo.... Allez Mme la Photographe, à vous de jouer :-)

Placer l'assiette près de la fenêtre pour profiter de la lumière naturelle.
Faire 2 ou 3 ... ou 4 réglages.
Prendre une centaine de photos.
Prendre de la hauteur.
Euh, on peut goûter maintenant?....
Bah, si j'puis m'permettre le joke, y'a pas photo ;-). La version revisitée de Claude et Dorian est nettement meilleure que celle du livre - même si celle du livre est bonne. Quant à l'aspect visuel, et bien filez sur le site de Dorian et vous vous rendrez compte par vous même... Mmmmmh, trop bonnes ces gambas... Et ho, il ne faudrait pas s'endormir?.... Hein? Pardon?? Pourtant la petite sieste nous semblait opportune là?.... Mais c'est sans compter sur l'enthousiasme de Dorian qui nous propose de profiter de l'autre aspect de son travail. Dorian ne se contente pas de tester les recettes des livres ou de les améliorer, il lui arrive aussi, et même très souvent, d'inventer des recettes. Et c'est ce qu'il va faire, pour nous, sous nos yeux très attentifs. Au programme de cette deuxième séance, petits chaussons nord-africains farcis aux framboises et pistache. Ah bah forcément, si tu nous prends par les sentiments... En fait, c'est tout simple, à gauche les carrés de pâte sucrée (maison, à base de vergeoise) et à droite une mixture dont seul Dorian à le secret :

Je reste admirative devant les carrés de pâte. Ils sont parfaits. Bien carrés. Bien empilés. Et la pâte a été magnifiquement travaillée, à la main - pfiouuuu, quel courage ! - pour nous permettre de façonner facilement les petits chaussons. Nous?... Enfin je veux dire "leur" car moi, je ne peux pas avoir l'index sur le déclencheur et la main gauche dans les ravioles.

A la une... A la deux... A la trois !
Mais alors, Marie, tu cuisines?.. Bah oui, à force de voir Dorian s'engager à 400% dans cette passion, Marie participe parfois à la réalisation des recettes. Et ça a l'air de drôlement bien fonctionner.

Oh qu'ils sont jolis nos petits chaussons.....
Allez, au four ... Et là, je sens un certain plaisir chez Dorian, à ouvrir la jolie porte de son fourneau. Serait presque capable de se mettre à faire des tonnes de gâteaux, juste pour le plaisir d'ouvrir ses portes de fourneaux ;-)
Profitant de cette pause imposée, je commence à m'alléger de quelques questions... Dorian n'est pas issu d'une longue lignée de cuisiniers. Loin de là, sa mère savait à peine préparer 3 ou 4 ragouts dont les recettes sont en train de se perdre dans la nuit des anciens. Et Belle-Maman ne participe pas à la transmission d'un savoir car elle ne se préoccupe même pas de décongeler les cuisses de volaille avant de les passer sous le grill... ;-)
Dorian est venu à la cuisine tout seul comme un grand. Par gourmandise et par passion. Ce qu'il cherche? L'étonnement. Et il le trouve facilement car Dorian sait s'étonner et se ravir des choses les plus simples pourvu qu'elles soient bonnes.
Moi, ce qui m'impressionne, en dehors de sa bibliothèque...





... c'est sa connaissance des épiceries et autres petits marchés de Paris et de ses alentours. Les produits exotiques? A St-Quentin en Yvelines. Les épices? Rue Clair chez les indiens. Et tu connais le quartier japonnais?... Il y a un quartier japonnais à Paris?????... Ah bah oui.... Je note tout cela scrupuleusement... Dorian apprécie particulièrement la cuisine du monde. Des saveurs qui surprennent. Des ingrédients inédits... Et dans sa bibliothèque, des livres français mais aussi anglais, US, Australiens.... Oui, on parle vraiment plusieurs langues dans la cuisine de Dorian.
Mais au fait, il ne faudrait pas oublier nos chaussons! Zoup, Dorian file à son four et contrôle la jolie coloration caramel de nos chaussons.

Dorian devant son fourneau ... ;-) ... et les petits chaussons.
Les chaussons sont cuits et les voilà qu'ils me font de l'œil depuis la table de la salle à manger.... Les yeux sont tournés vers Claude qui raconte l'histoire des affreux cornichons de sa Belle-Mère....

"QUI A OSE????? .... Ooohhhh, quelqu'un a croqué un chausson sans rien dire à personne!!!!"
:-§ ...
J'ai pas pu résister,.... pardon :-}
Stef quoi?!?!.... Sont même pas pris en photo....... Ok ok, je ne le ferai plus. Promis....... Enfin jusqu'à la prochaine fois ;-)
Petit coup de miel sur les chaussons pour les rendre jolis et encore plus carrément meilleurs - des fois qu'ils ne soient déjà pas troooop bons -, et Marie immortalise cette Dorian's piece of art... Piece of heart...

Petits chaussons farcis pistache-framboise
Dégustation des chaussons accompagnés d'un café. Là, je sens que "mon" Claude est heureux. Il faut dire que dès que vous prononcez le mot Framboise, il a le coin gauche de la lèvre supérieure qui se lève discrètement pour laisser passer une petite gouttelette de bavounette appelant la "savouration" de ce fruit qu'il affectionne tout spécialement... Délicieux moment... Dorian repart en cuisine pour nous préparer son assiette surprise - rien ne l'arrête. Marie essuie l'objectif de son arme. Claude laisse tomber ses paupières, trop lourdes, et entame un bref mais réel moment de repos dans le sofa... Moi, je shoot ce drôle d'emporte-pièce italien sorti du fin fond de la cave par Marie pour tenter des chaussons ronds.

... Et je vois Dorian qui se faufile - ENCORE! - vers la cave... Mais qu'y a-t-il donc dans cette cave?...... Sans faire de bruit, je le suis...

Non, pas d'ambiance à la Stephen King... Je peux m'y risquer...
Et là ......

Je trouve Dorian en train de farfouiller tel Ali Baba dans sa caverne... D'autres appelleraient cet endroit un musée... Ma Mère parlerait d'un capharnaüm certainement. Moi, j'adore ! Il y a de tout. Du matériel. Neuf, ancien. De la vaisselle aussi. Plein. Et de l'épicerie... Oh là, eyh, regarde un peu. En voilà une qui fera un clin d'oeil tout particulier à mes amis de chez SEB...

Et ici, ce fouet ou comment monter des blancs en neige
à la mode de nos grands-mères... Et cet autre encore !!.... Hallucinant.

Vraiment, Marie et Dorian cachent une belle collection de merveilles.
Mais au fait, Dorian, qu'est-ce que tu cherches?... Mes petits pois séchés au wasabi...

J'vous dis, il y a de tout ici :-)
Des petits pois séchés au wasabi? ... Oui,je les trouve chez mon japonnais et c'est pour vous parfaire mon ultime assiette - pour cette après-midi culinaire, car des assiettes, il va y en avoir des tas d'autres.... Et c'est là que Dorian nous propose de goûter son carpaccio de noix de Saint-Jacques, méli mélo de verdure inédite et vinaigrette au wasabi - A découvrir sur son blog prochainement. Et les petits pois séchés? Ils sont simplement émiettés pour donner un effet crumble à cette belle composition. La preuve :

Cette magnifique image sera la dernière de ce post car, comme je suis une nouille, j'ai oublié de demander à Claude de prendre une photo de nos hôtes et moi-même. Pour une prochaine fois. En attendant cette prochaine, je remercie vivement ce duo de choc pour nous avoir ouvert leur porte et leur cuisine. Un vrai moment de plaisir et de partage, comme j'en voudrais plus souvent.
09 août 2008
Financiers ultra moelleux à la recette facile à retenir
Oh là là... Je voulais faire des financiers... J'en ai fait avec Laurent il y a quelques jours mais ils étaient tout secs. Pas bon... Je voulais faire des financiers moelleux. Quelques recherches sur le net m'ont montré qu'il y a des centaines de recettes de financiers avec plus ou moins de farine, plus ou moins de beurre. Pfiou, pas facile de savoir quelle recette donnera le moelleux que je cherche... Bon, j'ai 1 kilo de poudre d'amande alors nous allons essayer différentes versions. Prenons comme point de départ une petite règle simple : pour ne pas faire de jaloux, je mettrai le même poids de chaque ingrédient. Allez, c'est parti :
- 90 gr de poudre d'amande
- 90 gr de sucre
- 90 gr de blancs en neige
- 90 gr de beurre DEMI-SEL fondu
- Une pincée de sel
- Quelques gouttes de citron pour la saveur
Je mets tous ces ingrédients dans mon robot. Dzzz Dzzzz Dzzzz - c'est le bruit de mon robot ;-) ..... Ouh là là, ça me paraît bien liquide tout ça.... Mmmmm, Réfléchissons. D'abord, je double le poids d'amandes en poudre et par acquis de conscience, je rajoute une dizaine de grammes de farine et 5 gr de levure chimique pour m'assurer une bonne tenue, du moelleux, et parce qu'il y en a dans beaucoup de recettes vues sur le net. Re Dzzz Dzzz Dzzz. Je "spatule" tout ceci dans une poche pâtissière et je répartis dans mon flexipan "Pomponnettes 24 empreintes". Eyh,mais ça rentre pile poil. J'aurais voulu le faire exprès que je n'aurais pas fait mieux. Four à 170°C. Disons... 9 minutes... Tic tac tic tac... Dringgggg......Nop, pas assez cuits. Encore 2 minutes... tic tact tic tac.... Dringggggg. Je sors la plaque. Bien jolie couleur. Les financiers ont un peu gonflé. Je démoule le premier, le casse en deux et là, déjà, mon œil m'envoie le message comme quoi ça a l'air bien bon... Sous le doigts, message similaire : le pouce et l'index me signalent que le moelleux recherché n'est pas loin. Test final par le passage en bouche?...... Ah bah oui, voilà. Si ça, ce n'est pas faire mouche!!!! Je tiens la recette qui donne les financiers parfaitement moelleux et savoureux dont je rêvais. Et comble du luxe, c'est trop facile à retenir :
Les financiers au moelleux rêvé par Stéphanie
Pour 48 financiers en pomponnette
Préparation : 10 minutes
Cuisson : 11 minutes à 170°C
- Poids de blancs d'œuf = poids de beurre demi-sel fondu = poids de sucre
- Poids de poudre d'amande = 2 x poids des blancs d'œuf
- Poids de farine = 10% du poids de blancs d'œuf
- Poids de levure chimique = 5%
- Sans oublier une pointe de sel et quelques gouttes de citron pour rehausser
Faire fondre le beurre.
Mixer les blancs et le sucre, avec le sel et les gouttes de sucre.
Ajouter la poids d'amande, la farine additionnée de levure chimique. Mixer encore
Ajouter le beurre. Mixer une dernière fois.
A l'aide d'une poche pâtissière, répartir proprement dans les empreintes de votre moule et enfourner.
Je vous entends réclamer : "La PHO-TO! La PHO-TO! La PHO-TO!"... Je vous la montre enfin, et vous découvrirez donc que j'ai réitéré l'opération non pas 2 ni même 3 mais 4 fois pour 5 versions de financiers ultra moelleux aux différents parfums :
Vous pouvez cliquer sur la photo pour voir de près les différentes couleurs et tenter de deviner quels parfums se cachent là-dessous...... Alors? Qui se lance?.... Bon, je vous dis tout :
Version 1 : 100% amandes avec la recette donnée précédemment
Version 2 : 100% pistaches où je remplace la poudre d'amande par de la poudre de pistache (poudre maison à base de pistaches natures - ne me mettez pas des pistaches apéritives !)
Version 3 : je rajoute 90 gr de pépites de chocolat qui seront mixées directement avec le reste (non non, inutile de faire fondre le chocolat, ça se passe très bien comme ça).
Version 4 : Je remplace le sucre par de la poudre de pralines roses (là, il faut faire un petit exercice de réflexion car il y a de l'amande dans les pralines alors il faut ajuster un peu le poids d'amandes en poudre... sauf que là, moi, j'ai des pralines de médiocre qualité donc c'est beaucoup de sucre et peu d'amande. Alors je décide de ne rien changer - je suis une adepte des choses simples...).
Version 5 : je rajoute 2 cuillères à soupe de... pâte de réglisse pardi ! (voir post précédent).
Vous ferez attention au temps de cuisson parce que si les 11 minutes sont parfaites pour le format "Pomponnette", il faudra certainement réduire ou augmenter ce temps en fonction du moule que vous utiliserez, d'accord? Je vous laisse tester. Moi, je vais aller reprendre la recette des superbes petits moelleux noix de coco-pistache de Paprika pour les faire dès le lever ce prochain dimanche... Ils seront parfaits pour débuter un bon dimanche...
08 août 2008
Quand je me prends pour Heston Blumenthal...
Oui, je sais, ça manque furieusement de modestie ce titre.... Disons que je me suis largement inspirée de ce Grand Grand Chef pour ce qui suit... Le défi du jour était de trouver un recette salée et utilisant la pâte de réglisse que j'aime tant.
Pas si facile. Le réglisse en sucré, très bien, mais en salé alors... Bon, nous avons déjà un premier succès avec le foie gras au réglisse et amandes effilées mais c'était presque trop facile ;-). Non; il faut une vraie recette. Un truc qui emballe, surprenne, apporte une sensation nouvelle........ Je sais que Heston Blumenthal a ravi de nombreux palais avec son saumon laqué au réglisse (ou quelque chose comme ça) mais je n'avais pas très envie de faire pareil... Il y a la lotte que nous avons dépecée qui est là, au frais, à attendre son traitement de faveur. Je tente... On goûte. Non, ça ne va pas. Même si la couleur nacrée de ce médaillon de lotte lance un appel à la gourmandise, le résultat n'est pas là.
Ca manque de pep's. Ca manque de ce petit je-ne-sais-quoi. Et la lotte ne fait pas le poids face au réglisse. Non.... Je réfléchis... Bon, procédons dans l'autre sens. Au lieu de tourner le dos à l'association vedette de Blumenthal, adoptons là pour en faire le point de départ de notre recette. Donc :
Je me fais un petit mélange de mycrio, sel, poivre et poivre de réglisse - là, pour la recette, soit vous appelez Anne-Sophie PIC, soit vous vous procurez le Blog in book... ;-) -. Je pane mes darnes de saumon de ce petit mélange et les pose sur leur carré de Carta Fata. Un trait de crème de réglisse et, surtout quelques gouttes, des belles gouttes, de jus de citron. On ferme la papillote et on cuit sur une plancha par exemple, ou un grill (pas au delà de 230°C ok? Sinon la CF fond!).
On voit que la cuisson s'opère : la papillote gonfle et
il y a un petit monde en ébullition là dedans... C'est joli .....
Option 1, on dépose la papillote sur l'assiette de service et ça part en salle pour dévoiler ses saveurs à l'ouverture de la papillote - qui se fait par dégrafage de strings ;-). Déjà, là, je ne vous dis que ça...
Sauf que moi, j'ai envie de plus de gourmandise et d'une assiette à la hauteur de ce bon petit saumon... Je défais un string - nom donné au lien en silicone qui ferme la papillote... Non, je ne suis pas auteur de ce nom de bapteme !... Je laisse couler le jus de cuisson dans une petite casserole et je réchauffe doucement en ajoutant un peu de crème. Rectification de l'assaisonnement et hop, on dresse :

Bien entendu, le doigt dérape et "tombe" dans la casserole avant de se raccrocher à la langue sur laquelle il dépose un peu de sauce. Ah Mama Mia!! Mais que savourons-nous là?? C'est un Hit! C'est un nirvana culinaire! Le réglisse, l'acidulé du citron et le fumet du saumon, ouhouhouhou...... Vite, on flashe et on goutte :
Les petites gouttes de décoration, ce sont des drops de pâte de réglisse. Et les petits notes transparentes dedans, et sur le poisson, c'est la final touch parfaite, la crème de vinaigre au citron de chez?.... Sens Gourmet Bien Sûr !... A bien y réfléchir, cette recette pourrait être "Darne de saumon en Sens Gourmeterie". Entre le Carta Fata, la pâte de réglisse et la crème de vinaigre au citron, c'est à se demander ce que je cuisinerais si je ne les connaissais pas ......
Maintenant que "j'ai compris comment ça marche", je projète de nous concocter un magret de canard au réglisse et à la framboise. Force du canard. Réglisse et acidulé de la framboise - sans oublier la crème de vinaigre à la framboise -, ça devrait le faire. A demain :-)
07 août 2008
Déjeuner haut de gamme pour Monsieur de grande valeur
Ce midi, l'Orée recevait la visite d'un Monsieur que j'apprécie particulièrement. Professionnel du monde fabuleux du chocolat, il est ouvert, curieux, gourmand, passionnant et toujours heureux de vous offrir une petite coupe de bulles assortie d'un bon chocolat quand vous avez la chance de le croiser. Je l'ai rencontré il y a déjà plus de 3 ans et il fait parti des gens qui ont suivi mon parcours d'un oeil affectueux. Tel un parrain bienveillant. Présent si besoin. A l'écoute. Toujours prêt à dégainer le petit conseil ou le service au bon moment. Bref, un Monsieur que j'avais grand plaisir à recevoir à l'Orée. Et comme c'est un ami de Claude aussi, mon plaisir était partagé. Je me devais de faire gouter ma cuisine car depuis tout ce temps que nous nous connaissons, je n'avais point encore trouvé une occasion pour mitonner en l'honneur de ce Gourmet. Ça allait être chose faite. Ainsi, hier, j'ai commencé à cogiter et même à préparer notre déjeuner.
En entrée... En fin de journée, hier, je suis allée rendre une petite visite à "mon JM (*)" préféré à Rungis. Il m'a offert plein de bons produits (un vrai Père Noël... Noël en Août, c'est bien aussi). Dans le lot, de la crème de réglisse. Ouahouuuuuuu lop - Lots of pleasure - Voyons voyons. A quel plat associer cette crème car, trop facile de faire un dessert à la crème de réglisse, je préfère relever le défi d'une association en plat salé.... Agneau... Poisson.... Oh, mais suis-je bête! Foie gras bien sûr ! :-)
Pour la recette, c'est là. Sauf que le foie gras est un peu agrémenté de crème de réglisse et d'amandes effilées grillées. Nous l'avons dégusté sur des petites tranches de ma brioche ronde. C'était délicieux. Comme de bien naturellement, ce sont des bulles qui sont venues accompagner cette entrée, et, là, le trio foie gras-réglisse-champagne, une pure merveille. Point de mot. Juste le silence tellement révélateur du Gourmet satisfait, Gourmet expert qui propose un chutney d'abricots pour accompagner le tout. Il est vrai que ce serait parfait. Nous en prenons note et la ressortirons pour l'inauguration de l'Orée - 25 septembre à partir de 19h, pour les intimes.
En plat... La veille, pour le repas du personnel de l'hôtel, j'ai préparé un couscous aux 2 raisins qui a fait mouche. Il est vrai que la sauce aux 2 raisins était excellente. Sauf que là, moi, j'ai plutôt envie de la jolie "lolotte" que Claude nous a dépecée de sa main de maître Es Poissons. Pas de raison de tergiverser longtemps, nous cuisinerons une lotte au raz el hanout, et sa sauce aux 2 raisins.
Avis aux professionnels : les médaillons de lotte ont été panés dans un mélange mycrio-farine-raz el hanout pour être parfaitement assaisonnés, colorés et moelleux.
En dessert. Là, je me suis creusée la tête pour créer un dessert à base de chocolat mais qui étonnerait "mon Monsieur" qui profite de créations de MOF de Janvier à Décembre et depuis quelques années déjà. Pas facile. Bon, évidement, il y aura une petite "Sens Gourmeterie" mais laquelle... Claude, qu'est-ce que tu as en magasin?... Eyh, crème de vinaigre au gingembre. Ça c'est épatant avec le chocolat. Manque plus qu'à compléter le concept pour emmener en voyage mon Monsieur globe-trotter. Gingembre... Fruit de la passion... Et le sésame pour le croquant... Destination l'Asie. Je crée le Passion Asie.
Fond de biscuit Sacher
(selon une recette de Frédéric Bau dans le Thuriès 20ième anniversaire ...
si vous ne l'avez pas, courez l'acheter!).
Mousse au chocolat
(base de chantilly et chocolat fondu ... mais pas n'importe lequel : un chocolat Barry!)
Une nouvelle couche de biscuit Sacher
Une chantilly vanillée et à la pulpe de passion
Des graines de sésame sur le tout, et quelques grains de passion pour la déco
Un vizinguoins de crème de vinaigre au gingembre (*) dans le fond de l'assiette pour parfaire le tout
J'ai réussi! Mon Monsieur a adoré le dessert et trouvé la combinaison fort agréable. Quant à Claude, il retient le coup de crème de vinaigre au gingembre sur un dessert chocolat.
Moi, j'ai passé un superbe moment. Et me voilà gâtée car je garde par devers moi un joli stock-cadeau de Sao Tomé et Oropucce, chocolats d'origine de chez Barry. Vous ne connaissez pas? Comment vous ne connaissez pas. Mais ce n'est pas possible?!?! Alors, vite, vous quittez Cookcooning et filez ici pour un cours sur le chocolat, ses techniques et ses recettes, et pour découvrir tous les beaux produits que propose la marque Barry-Callebaut. Oui, je sais, je vais faire des frustrés car ces chocolats ne sont pas hyper accessibles au grand public... Je propose une pétition d'ailleurs ;-).... Allez, filez sur ce site et je vous en souhaite une bonne visite !
(*) Sens Gourmet si vous n'aviez pas deviné...
Lotte épicée aux deux raisins
Pour 4 personnes
Préparation : 30 minutes
Cuisson : 20 minutes
- 2 filets de lotte détaillés en 8 médaillons
- 4 carottes
- 200 gr de raisin blanc (ou rouge)
- 60/80 gr de raisins blonds (secs)
- 10 cl de jus de raisin
- 1 grosse échalote (ou 2 petits, nous n'allons pas chipoter...)
- 5 cl de Noilly Prat
- 1 peu de fumet de poisson (poudre si c'est ce que vous avez...)
- Une petite tasse de mycrio avec 1 càs de farine et 1 càs de Raz el Hanout, sel, poivre
- Un peu de fécule pour lier la sauce
Passer les médaillons de lotte dans le mix mycrio/farine/épices.
Peler les carottes et les émincer finement, en biseau - c'est plus joli. Les mettre à cuire dans une eau bouillante salée avec les raisins secs. Si le sucré de cette recette ne vous fait pas peur, ajoutez une c.às. de miel à l'eau de cuisson des carottes.
Couper les raisins en 2 et les épépiner - Si si, il faut y passer! L'amer du pépin de raisin n'est pas supportable dans cette recette.
Peler et ciseler TRÈS finement l'échalote.
Placer l'échalote et le jus de raisin dans une petite casserole et faire réduire pour confire les échalotes.
Dans une poêle bien chaude - sans matière grasse -, colorer les médaillons de lotte sur toutes les faces. Débarrasser. Déglacer avec l'alcool et les échalotes confites. Ajouter quelques Cl d'eau de cuisson des carottes pour obtenir une trentaine de Cl de sauce. Parfumer au fumet de poisson (mais pas trop).
Ajouter les raisins épépinés; les carottes cuites égouttées et les raisins blonds. Laisser mijoter 5 minutes. Goûter et assaisonner de sel et de poivre. Filtrer.
Lier la sauce avec un peu de fécule ou de farine de maïs. Remettre les légumes et les médaillons de poisson dans la sauce pour que ça soit bien chaud.
Répartir tout ce petit monde dans des assiettes creuses. Décorer de ciboulette hachée, ou d'épices, ou les 2 ou rien ou des graines de sésame, ou de la crème de vinaigre au gingembre ou ... Enfin après, c'est vous les artistes !
06 août 2008
Je "carta fate", tu "carta fates", il carta fate", nous "carta fatons", vous ...
En-core? Mais Stef, tu as "carta faté" hier déjà. Qu'est-ce qu'il te prend?.....
Bah en fait, cette séance de cartafatage n'était pas au programme mais comme mon papier magique m'a sortie d'une situation TRES périlleuse, j'ai estimé que ça méritait un post... Je suis en voie de cartafataddiction.... Cartafatoholic diraient les outre-Atlantiques?... Voilà ce qui s'est passé. Toujours en séjour créa-touristico-culinaresque chez Claude à l'Orée, j'ai promis de m'occuper du déjeuner du personnel en ce joli jour des enfants. Allez, une fois n'est pas coutume, je vais nourir la marmaille. Ceci dit, pas envie d'y passer des heures et comme il fait chaud, ma tarte tatin aux tomates cerises me paraît parfaitement adaptée. Zip, zoup, une jolie boule de pâte brisée aux éclats de tomates séchées et aux herbes. Hop, 3 barquettes de tomates cerises. Oups, ma main tombe, par accident sur un rouleau de fromage de chèvre. Et arrive le moment de mettre tout ceci dans le moule... Le moule... Le m-o-u-l-e.... Mmmmmmh, Claude? Qu'est-ce que tu aurais pour faire une tatin de tomates cerises?...... Euh, non, pas en individuel. On est nombreux et j'ai pas trop le temps... Non pas un cercle, c'est une tatin... Non, celui-là est trop profond et inadéquate..... Arggggh, mince! Mon plan tombe à l'eau...... C'est là, que mes yeux se posent sur mon rouleau de papier magique. BINGO, j'ai trouvé! Et c'est comme ça, que mon CF me sort d'une mauvaise passe :

Tarte tatin de tomates cerises farcie au fromage de chèvre
(C'est la tarte qui est farcie, pas les tomates.... not enough patient :-))
Bah c'est tout en fait. Simple non? Ils ont tout mangé ! .... Et pour ceux qui ne le savent pas encore, le Carta Fata, c'est eux ! Bises à tous ..... Je m'en vais "crème de réglissiser" un foie gras ;-)



























